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Clôture du projet ACF au Sénégal : La justice climatique au féminin, un pari réussi pour les communautés côtières

Régions côtières, Ziguinchor, Sédhiou et Kolda — Face à la dégradation continue des écosystèmes et au recul de la mangrove, le changement climatique n'est plus une menace lointaine pour les communautés du littoral sénégalais : c'est un quotidien éprouvant. Pour y faire face, une certitude s'est imposée : aucune gestion durable des ressources naturelles ne peut se faire sans l'implication directe de celles et ceux qui en vivent.
C'est fort de ce constat qu'a été mené le Projet d'Action Climatique Féministe en Afrique de l'Ouest (ACF). À l'occasion de l'atelier national de clôture, les acteurs du projet ont tiré un bilan particulièrement positif d'un engagement entamé en mars 2023.


Une alliance forte pour la résilience locale
Porté sur le terrain par un consortium de quatre organisations nationales — Enda Pronat, GEV Sénégal, Apissène et le CNCR —, le projet ACF a bénéficié de l'appui stratégique de ses partenaires canadiens, Inter Pares et Cuso International, ainsi que du soutien financier d'Affaires mondiales Canada (AMC).
Déployées dans des zones à forte vulnérabilité environnementale (Palmarin, la Casamance, Sédhiou et Kolda), les initiatives ont directement touché plus de 30 000 bénéficiaires à travers le pays, dont plus de 8 000 personnes accompagnées par Enda Pronat dans des zones clés comme Kafountine et Palmarin.


Les trois piliers d'un succès communautaire
Le projet s'est articulé autour d'un objectif majeur : renforcer la capacité d'adaptation des populations vulnérables par une approche globale et inclusive. Les résultats enregistrés témoignent d'un impact concret sur le terrain.
1. Leadership et gouvernance : Les femmes au cœur de la décision
Longtemps écartées de la gestion locale, les femmes et les jeunes occupent désormais une place centrale dans les instances de prise de décision de leurs localités.
« Grâce à des formations ciblées sur le leadership, le plaidoyer et la structuration organisationnelle, nous observons aujourd'hui une réelle participation active de ces acteurs au niveau local », soulignait lors de l'atelier Mouhamadou Abdoulaye Sow, coordonnateur de programme chez Enda Pronat, s'exprimant au nom des organisations partenaires.


2. Restauration des écosystèmes : L'innovation environnementale
Sur le plan écologique, les communautés ont pris en main la sauvegarde de leur environnement. Plus de 150 hectares d'écosystèmes ont été restaurés et reboisés.
La réussite majeure réside dans la diversification des techniques de reboisement de la mangrove. Outre l'espèce Rhizophora, les équipes ont réussi à intégrer l'espèce Avicennia, réputée particulièrement difficile à replanter dans la zone. En parallèle, l'aménagement de pare-feux en collaboration avec le CNCR a permis de prémunir les forêts contre les feux de brousse, tandis que le suivi et la surveillance des Aires Marines Protégées (AMP) ont été renforcés.


3. Autonomie économique : Professionnaliser les filières locales
La préservation de l'environnement s'est accompagnatrice d'un volet d'autonomisation économique. Pour sécuriser les revenus des ménages et améliorer leur cadre de vie, le projet a appuyé la professionnalisation de plusieurs Activités Génératrices de Revenus (AGR) :
  • Maraîchage
  • Ostréiculture (élevage d'huîtres)
  • Saliculture (production de sel)
  • Transformation des produits halieutiques
Un modèle durable pour la gestion des ressources
En conjuguant droits des femmes, gouvernance participative et restauration écologique, le projet ACF démontre que l'adaptation au changement climatique repose d'abord sur la valorisation du savoir et de la détermination des acteurs locaux. La clôture du projet marque ainsi non pas une fin, mais le début d'une dynamique durable pour la préservation des littoraux sénégalais.
Mardi 13 Octobre 2026
Amady Khalilou Diémé