Casamance : Le festival « Undumayo » transforme Cabrousse en épicentre du tourisme national

Lancée sur les cendres de l’emblématique hôtel Cabrousse, la 17ème édition du festival Undumayo bat son plein. Plus qu’une simple réjouissance populaire, cet événement s’affirme comme un levier économique majeur pour la commune de Diembéring, tout en portant un plaidoyer fort pour la relance des infrastructures hôtelières de la région.


Le sable fin de Cabrousse Mossor vibre au rythme de la 17ème édition du festival Undumayo. Né d’une tradition empruntée à la Guinée-Bissau voisine — son nom dérive du portugais « Um de Maio » (1er mai) — l’événement a su, au fil des années, s’enraciner dans le terroir sénégalais pour devenir un rendez-vous incontournable de la Destination Casamance.


Un poumon économique pour la basse saison
Pour Willy Santos Diatta, membre du comité d’organisation, le festival arrive à un moment stratégique. « La saison touristique classique se ferme en avril. Avec l’Undumayo, nous voulons anticiper la réouverture de la saison des pluies », explique-t-il. L'impact est immédiat : les hébergements affichent complet, des hôtels comme l’Hibiscus aux campements villageois, sans oublier les tentes qui fleurissent sur la côte.
Cette manne financière profite à tous. Des 75 cabanes de commerce installées pour l'occasion aux pêcheurs du quai de Cap Skirring, c'est toute une chaîne de valeur qui s'anime. « Ce n’est pas seulement pour les habitants de Diembéring ; nous accueillons des commerçants de Dakar, d’Oussouye et d’ailleurs. C’est tout le Sénégal qui en bénéficie », précise M. Diatta.


Le cri du cœur pour les « bijoux » en ruine
Derrière les festivités, le choix du site — les ruines de l’ancien hôtel Cabrousse — est hautement symbolique. Témoin d’un âge d’or révolu, cet établissement, ainsi que l’hôtel Savana, sont à l’arrêt depuis 2007. Un immense gâchis pour une population locale formée aux métiers du tourisme, mais aujourd'hui réduite à saturer le bureau du Club Med de demandes d'emploi.
Le comité d’organisation lance donc un appel solennel aux nouvelles autorités du pays. Sous l'impulsion du nouveau régime prônant la transparence, les acteurs locaux réclament un état des lieux clair sur ces dossiers. « L’hôtel Cabrousse et l’hôtel Savana sont les bijoux du département et de la région de Ziguinchor. Nous voulons savoir par qui passer pour obtenir la réouverture de ces établissements », plaide Willy Santos Diatta.

Le Cap Skirring, véritable porte d'entrée régionale
L’importance de la zone n’est plus à démontrer. Alors que l’aéroport de Ziguinchor est resté longtemps indisponible, c’est l’aéroport international de Cap Skirring qui a maintenu le flux touristique et économique de la région. Pour les organisateurs de l’Undumayo, il est temps que l’État reconnaisse à sa juste valeur ce « grenier touristique » en investissant dans la réhabilitation des fleurons hôteliers (Cabrousse, Savana, Jiramayit) qui font l’identité de cette côte édénique.
En attendant, la fête continue à Cabrousse, prouvant une fois de plus que la culture et la ferveur populaire restent les meilleurs ambassadeurs du développement local en Casamance.
Vendredi 1 Mai 2026
Amady Khalilou Diémé

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