Casamance : Le collectif « L’heure est grave » exige le bitumage de la boucle du Fogny

BIGNONA – Lassées par des décennies de promesses non tenues, les forces vives de la zone géographique du Fogny, dans le département de Bignona, ont haussé le ton ce samedi. Réunies au sein du collectif citoyen « L’heure est grave », les populations locales ont investi la fameuse boucle routière qui traverse leur secteur pour interpeller directement l’État sur l’urgence absolue de désenclaver cette partie de la Casamance.


Pour les habitants, la situation est devenue insoutenable. L'enclavement de cette zone à fort potentiel agricole paralyse l'économie locale et expose les résidents à une précarité grandissante.

Un calvaire quotidien pour les populations
Lors d'un point de presse tenu sur les lieux, El Hadj Camara, président du collectif, a dépeint un tableau sombre des réalités vécues par les communautés du Fogny. L'absence d'infrastructures routières adéquates impacte tous les secteurs de la vie quotidienne : Le naufrage agricole : Les agriculteurs assistent, impuissants, au pourrissement de leurs productions sur place, faute de voies carrossables pour acheminer les marchandises vers les grands centres de commercialisation. L'urgence sanitaire : L'accès aux structures de santé relève du parcours du combattant. L'évacuation des malades et des femmes enceintes se fait trop souvent au péril de leur vie. L'impact social : Faute de perspectives économiques viables dues à l'isolement, certains jeunes se tournent vers des activités illicites, subissant une réalité imposée par le manque d'alternatives. « Nous ne demandons pas une faveur, nous réclamons un droit : le droit à la mobilité, au développement et à l’équité territoriale », a martelé El Hadj Camara devant une foule mobilisée.

Plus de soixante ans de promesses électorales
Le projet de la boucle du Fogny n'est pas récent. Depuis les années 1960, les calendriers techniques, les études de faisabilité et les discours officiels se succèdent à chaque campagne électorale. Les régimes politiques se sont relayés en promettant la réalisation de cette infrastructure, sans que le quotidien des populations ne change : de la poussière en saison sèche à la boue impraticable en période d'hivernage.
Aujourd'hui, la patience des habitants a atteint ses limites. Le collectif unit la jeunesse, les femmes et les sages du Fogny pour exiger des actes concrets et immédiats de la part des autorités étatiques.

Les exigences du collectif
Face à ce qu'il qualifie de « scénario manquant du développement », le collectif « L’heure est grave » lance un appel solennel au chef de l’État et au gouvernement, articulé autour de deux exigences majeures : Un calendrier clair et définitif officiel fixant la date de démarrage des travaux de bitumage de la boucle du Fogny. La transparence totale sur la libération et l'allocation effective des budgets dédiés à cette infrastructure. Le collectif prévient que cette action n'est que le début d'une longue série de mobilisations. Les populations du Fogny entendent rester debout et déterminées tant que le premier centimètre de goudron n'aura pas été posé sur cette route stratégique pour le désenclavement total de la Casamance.
Dimanche 14 Juin 2026
Amady Khalilou Diémé

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