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Casamance : L’ANCAR et la Coopération Espagnole lancent un projet d’envergure pour l’autonomisation et la santé à Nyassia

Le coup d’envoi a été donné. Sous l’impulsion de l’organisation ANCAR, Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural, en partenariat avec la Coopération espagnole et l’ONG ONGPD, l’arrondissement de Nyassia bénéficie d’un nouveau projet de 18 mois. Alliant agriculture, santé et lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), cette initiative promet de transformer durablement le quotidien des femmes et des jeunes des communes de Nyassia et d’Enampore.


Un levier agricole pour la souveraineté alimentaire
Le cœur du projet bat au rythme de la terre. Lucien Ndecky, Directeur de zone de l’ANCAR, a détaillé une stratégie offensive pour booster la production locale. Le plan est clair : deux hectares de blocs maraîchers seront financés dans chaque commune, accompagnés d'un appui massif à la riziculture couvrant 50 hectares sur 18 mois.
Au-delà des surfaces, c’est la qualité qui est visée. Le projet prévoit : La distribution de semences certifiées. La dotation en matériel agricole et post-récolte (motoculteurs). L'installation de points d’eau permanents pour garantir des cultures en toute saison.

Santé et Mobilité : Un souffle nouveau pour les ICP
Le volet sanitaire ne reste pas en marge. Pour pallier les difficultés de déplacement et renforcer l'accès aux soins dans une zone marquée par l'enclavement, le projet a procédé à une remise de matériel stratégique. Les Infirmiers Chefs de Poste (ICP) ont reçu des motos et des ordinateurs portables. « Ces moyens de locomotion permettront aux agents de santé d’être plus proches des populations, notamment pour la sensibilisation », a souligné le Sous-préfet de Nyasia, Moussa Aly Ba. L'achat de médicaments essentiels est également intégré au budget pour renforcer les structures locales.

Briser le silence : La lutte contre les violences domestiques
C’est l’une des innovations majeures de cette phase : la prise en compte frontale des violences basées sur le genre (VBG). Pour Lucien Ndecky, la pauvreté ne doit plus être un prétexte aux tensions domestiques. « On peut rester pauvres, mais dignes », a-t-il martelé. Le projet mise sur la sensibilisation pour apaiser les relations au sein des ménages et permettre aux femmes de s'affirmer socialement et économiquement.
« L'autonomisation des femmes et des jeunes est la base du développement. Ce projet nous va droit au cœur. » — Adrien Manga, Maire d’Enampore.

Le foncier : Le dernier verrou à lever
Malgré l’enthousiasme général, un défi demeure : l'accès à la terre. Le Maire d’Enampore a profité de la tribune pour lancer un vibrant « cri du cœur » à ses administrés. Pour lui, la réussite du projet repose sur la générosité des populations locales. « Si on ne cède pas de terre, il n’y a pas de projet. Le projet ne peut pas se construire sur les nuages », a-t-il rappelé avec insistance, invitant chacun à libérer des parcelles pour l'intérêt communautaire.

Un espoir pour les populations déplacées
Dans un arrondissement comme Nyassia, où le souvenir des déplacements de populations est encore vif, ce projet est perçu comme un pilier de la reconstruction. Avec un accompagnement de 18 mois, les bénéficiaires — déjà identifiés et prêts à être formés — voient en l’ANCAR et ses partenaires espagnols le moteur d'un retour définitif à une vie stable et prospère.
Vendredi 20 Février 2026
Amady Khalilou Diémé