« L’eau est source de vie, mais ici, c'était une denrée de luxe », confie avec émotion Papis Ansoumana Diémé, maire de la commune de Mlomp. Depuis sa création, il y a plus d'un demi-siècle, le village d’Ediamat n'avait jamais connu d'accès direct à l'eau potable. Les populations devaient composer avec une eau saumâtre ou des solutions de fortune.
Aujourd'hui, ce cauchemar appartient au passé. Un forage de dernière génération, financé à hauteur de 200 millions de francs CFA, vient d'être inauguré. Ce n'est pas seulement une infrastructure, c’est une révolution pour le millier d'habitants de la localité.
Le geste fort des contribuables français
À l'origine de ce projet, on retrouve l'ONG Forage Sahel, présidée par Bruno Charuelle. Présente en Afrique de l'Ouest depuis 40 ans avec plus de 400 forages à son actif, l'organisation a choisi le Sénégal après avoir dû quitter le Mali.
« Cet investissement est payé par les contribuables français via leurs factures d’eau pour aider les pays du Sud », a précisé Bruno Charuelle.
Séduit par le sérieux du maire de Mlomp et l'urgence de la situation à Ediamat, l'ONG a déployé les grands moyens pour offrir une eau non seulement disponible, mais d'une pureté exemplaire.
Une gestion rigoureuse sous l’œil de l’État
Si la joie est immense, le défi de la pérennité reste entier. Le Préfet de l'arrondissement de Tandouk l'a rappelé avec fermeté : l'accès universel à l'eau est une priorité de l'État, mais il exige une responsabilité citoyenne.
Les points clés de la nouvelle gestion :
Comité de pilotage : Un bureau local, présidé par M. Bourama Diémé, a déjà été installé.
Formation des jeunes : Des techniciens locaux ont été formés pour assurer la maintenance technique immédiate.
Financement participatif : La population a déjà contribué financièrement pour lancer le processus de gestion.
« L'eau n'est pas gratuite », a rappelé le maire. Pour maintenir ce « bijou », chaque foyer devra participer à l'entretien, garantissant que les générations futures ne revivront jamais le calvaire de la soif.
Un symbole de solidarité internationale
Au-delà de l'infrastructure, c'est la réactivité de l'ONG qui a marqué les esprits. Lors du "Boukout" (cérémonie traditionnelle de la région), alors que le réseau public tardait à arriver, les partenaires français ont anticipé la mise en service pour que la fête se déroule dans des conditions dignes.
Aujourd'hui, le regard de la commune de Mlomp se tourne vers l'avenir. Avec ce succès, l'ONG Forage Sahel se dit prête à étudier d'autres dossiers dans le Blouf et au Sénégal, partout où l'eau manque encore.
"Ce n'est pas seulement pour Ediamat, c'est pour tout le Sénégal", a conclu le maire Diémé, les yeux fixés sur le nouveau château d'eau qui domine désormais la savane.