BIGNONA, Sénégal – Le constat est partagé par de nombreux observateurs du système éducatif : les écrans ont supplanté les pages imprimées, entraînant dans leur sillage une baisse généralisée du niveau de français chez les élèves. Face à cette urgence pédagogique, Sadibou Mané, professeur de Lettres, Histoire et Géographie au Collège d’enseignement moyen (CEM) Ahoune Sané de Bignona, a décidé de réagir. Il est l'initiateur du projet « Au cœur du livre », une dynamique culturelle qui bouscule les codes de l'apprentissage classique.
« Nous avons fait un constat global dans l'école et ailleurs : aujourd'hui, les élèves ont délaissé les livres et, du coup, le niveau de français est au plus bas. Il était crucial d'avoir des initiatives innovantes », explique avec lucidité l'enseignant.
Une pédagogie de plein air entre dictée, lecture et slam
Pour capter l'attention des élèves de la 6e à la 3e, le projet mise sur la diversité des disciplines. Loin des cours magistraux austères, « Au cœur du livre » s'articule autour d'activités dynamiques : des concours de dictée, des séances de lecture approfondie, mais aussi du slam. Les textes d'appui ne sont pas choisis au hasard puisqu'ils s'appuient directement sur les ouvrages inscrits au programme scolaire, tout en s'ouvrant à des thématiques sociétales majeures.
L'une des particularités de ce projet réside également dans son format : les activités se déroulent en plein air. Un choix stratégique selon Sadibou Mané, pensé pour « former les enfants à la prise de parole en public », une compétence essentielle souvent délaissée dans les parcours ordinaires.
Concilier modernisme et africanité
Au-delà de la maîtrise de la langue de Molière, le projet porte une ambition identitaire forte. Au CEM Ahoune Sané, la promotion de la culture littéraire se fait en symbiose avec les traditions locales. Lors des événements, les élèves arborent fièrement des tenues traditionnelles pour déclamer leurs textes.
« On a associé l'école et la tradition locale parce que pour nous, l'identité traditionnelle doit être remise à sa place », martèle Sadibou Mané. « L'élève doit comprendre qu'il est d'abord africain avant qu'il ne soit quelqu'un d'autre. L'africanité doit être foncièrement valorisée, c'est une alliance entre nos traditions et le modernisme. »
Des thématiques citoyennes et des résultats concrets
Le projet ne se cantonne pas aux œuvres classiques. Les prestations des élèves explorent des sujets cruciaux pour leur développement citoyen et personnel : le rôle et la responsabilité des parents, les devoirs de l'élève, la mission de l'enseignant, ainsi que des débats de société.
Et la formule fonctionne. Les premiers impacts se font déjà ressentir au sein des foyers de Bignona. De l'aveu même de l'initiateur du projet, les retours des familles sont particulièrement encourageants : « On a senti beaucoup d'amélioration. Les parents eux-mêmes viennent vers moi pour me dire que leurs enfants aiment maintenant le livre et s'y mettent sérieusement. »
En poussant les élèves vers la documentation et l'effort personnel, « Au cœur du livre » démontre qu'avec un peu de créativité et un ancrage culturel fort, il est possible de réconcilier la nouvelle génération avec le plaisir de lire et l'excellence académique.
« Nous avons fait un constat global dans l'école et ailleurs : aujourd'hui, les élèves ont délaissé les livres et, du coup, le niveau de français est au plus bas. Il était crucial d'avoir des initiatives innovantes », explique avec lucidité l'enseignant.
Une pédagogie de plein air entre dictée, lecture et slam
Pour capter l'attention des élèves de la 6e à la 3e, le projet mise sur la diversité des disciplines. Loin des cours magistraux austères, « Au cœur du livre » s'articule autour d'activités dynamiques : des concours de dictée, des séances de lecture approfondie, mais aussi du slam. Les textes d'appui ne sont pas choisis au hasard puisqu'ils s'appuient directement sur les ouvrages inscrits au programme scolaire, tout en s'ouvrant à des thématiques sociétales majeures.
L'une des particularités de ce projet réside également dans son format : les activités se déroulent en plein air. Un choix stratégique selon Sadibou Mané, pensé pour « former les enfants à la prise de parole en public », une compétence essentielle souvent délaissée dans les parcours ordinaires.
Concilier modernisme et africanité
Au-delà de la maîtrise de la langue de Molière, le projet porte une ambition identitaire forte. Au CEM Ahoune Sané, la promotion de la culture littéraire se fait en symbiose avec les traditions locales. Lors des événements, les élèves arborent fièrement des tenues traditionnelles pour déclamer leurs textes.
« On a associé l'école et la tradition locale parce que pour nous, l'identité traditionnelle doit être remise à sa place », martèle Sadibou Mané. « L'élève doit comprendre qu'il est d'abord africain avant qu'il ne soit quelqu'un d'autre. L'africanité doit être foncièrement valorisée, c'est une alliance entre nos traditions et le modernisme. »
Des thématiques citoyennes et des résultats concrets
Le projet ne se cantonne pas aux œuvres classiques. Les prestations des élèves explorent des sujets cruciaux pour leur développement citoyen et personnel : le rôle et la responsabilité des parents, les devoirs de l'élève, la mission de l'enseignant, ainsi que des débats de société.
Et la formule fonctionne. Les premiers impacts se font déjà ressentir au sein des foyers de Bignona. De l'aveu même de l'initiateur du projet, les retours des familles sont particulièrement encourageants : « On a senti beaucoup d'amélioration. Les parents eux-mêmes viennent vers moi pour me dire que leurs enfants aiment maintenant le livre et s'y mettent sérieusement. »
En poussant les élèves vers la documentation et l'effort personnel, « Au cœur du livre » démontre qu'avec un peu de créativité et un ancrage culturel fort, il est possible de réconcilier la nouvelle génération avec le plaisir de lire et l'excellence académique.