Bignona/ Oulampane: Le Programme Karoghen tire un bilan exceptionnel après 20 ans d’engagement

La commune d'Oulampane a vibré au rythme de la reddition de comptes du programme Karoghen (PK4). Entre autonomisation des femmes, investissements massifs et leadership féminin, les responsables de Manos Unidas et la coordination locale ont célébré des résultats qui transforment durablement le quotidien des populations du Fogny.


L’heure était à la transparence et à la satisfaction ce vendredi à Oulampane. Le programme Karighen, pilier du développement local en Casamance, a organisé une séance d'évaluation participative et inclusive. Un exercice démocratique où les bénéficiaires n’ont pas été de simples spectatrices, mais les actrices principales du débat.

 

 

Un leadership féminin en pleine éclosion

Pour Mamadou Lamine Cissé, coordinateur du programme, le succès de cette journée réside dans la qualité des échanges. « L’évaluation a porté ses fruits car les femmes ont posé des questions pertinentes et apporté des contributions majeures sur les taux d'exécution et les dépenses », a-t-il déclaré avec enthousiasme.

Selon lui, cette aisance à prendre la parole en public et cette capacité d’analyse sont le résultat direct des formations en leadership et en sensibilisation menées par les facilitateurs sur le terrain. « Mention spéciale aux bénéficiaires pour leur engagement et leur participation massive », a ajouté le coordinateur, soulignant que le programme a réussi son pari humain.

 

 

Un héritage de 20 ans d'accompagnement

Cindy Jimenez, coordinatrice expatriée de l'organisation espagnole Manos Unidas, a rappelé l’ancrage historique de leur action. Présente au Sénégal depuis 60 ans et en Casamance depuis 2008, l'organisation boucle avec le PK4 un cycle de près de deux décennies d'accompagnement dans les zones de Bignona et du Fogny.

« C'est l'un de nos plus grands programmes. Nous avons réalisé des investissements structurants, tant sur le plan agricole que sur l'accompagnement social », explique-t-elle. Au-delà des infrastructures, c’est le changement de mentalité qui est mis en avant : Alphabétisation : Des femmes qui apprennent à lire et écrire dans leur propre langue; Gestion financière : Une maîtrise accrue du contrôle des dépenses, des revenus et de la production et  Rôle social : Une transition du cadre domestique vers un rôle de protagoniste active de la société sénégalaise.

 

 

Le défi de la pérennisation

Alors que l'année 2026 marque la clôture officielle de la convention, l'inquiétude mais aussi l'espoir animent les populations. Les doléances pour une suite du programme sont nombreuses.

« Les populations ont montré leur intention de continuer à travailler avec nous », reconnaît Mamadou Lamine Cissé. La coordination explore déjà des pistes pour capter de nouveaux bailleurs afin de garantir la durabilité des acquis. Pour Cindy Jimenez, la clé réside désormais dans l'autonomie : « L'avenir, c'est de voir comment les bénéficiaires et les autorités locales, comme la mairie d'Oulampane, mettront en pratique cette autonomie que nous avons bâtie ensemble. »

 

Le programme Karoghen s'apprête à quitter le territoire, mais il laisse derrière lui des jardins fertiles, des communautés soudées et, surtout, des femmes debout, prêtes à construire une société plus égale et prospère.

Dimanche 26 Avril 2026
Amady Khalilou Diémé

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