Après s'être penché lors des précédentes éditions sur la régénération des sols, la fabrication de biofertilisants ou la gestion des semences horticoles, le mouvement met cette année le cap sur l'élevage agroécologique. Mariama Sonko, présidente de « Nous Sommes la Solution », insiste sur le fait que la santé du sol et la production de biofertilisants dépendent directement des dérivés de l'élevage.
En réponse à la cherté de la viande et aux risques sanitaires liés à l'importation massive de poulets industriels, la valorisation de la volaille locale s'impose comme une alternative économique et nutritionnelle majeure. Contrairement aux élevages de poulets d'un jour dépendants d'intrants coûteux et vulnérables aux aléas, l'élevage local repose sur la résilience et l'autonomie des espèces traditionnelles.
Un pont entre bailleurs de fonds et communautés de base
Soutenant cette dynamique, le Fonds Global pour l'Agroécologie réaffirme sa présence aux côtés des femmes. Thiamara Ndiaye, coordinatrice des fonds régionaux pour l'Afrique, rappelle que sa structure se positionne comme un intermédiaire souple entre les bailleurs mondiaux et les organisations locales. L'objectif est de financer directement les initiatives communautaires de circuits courts — « on produit ici, on mange là » — afin d'empêcher que le modèle alimentaire africain ne soit dicté par des acteurs extérieurs.
Le savoir paysan face au modèle industriel
Pour Patrice Sagbo, représentant du réseau Jinukun et de la Fédération Agroécologique du Bénin venu partager ses compétences, il est urgent de redonner toute sa place au savoir ancestral paysan. Il souligne le rôle crucial de la volaille locale, véritable « épargne sur pied » pour les familles rurale en cas d'urgence financière, et rappelle les qualités nutritives exceptionnelles des œufs et viandes issus d'élevages naturels.
En promouvant des pratiques respectueuses de l'environnement et de la santé humaine, le mouvement « Nous Sommes la Solution » démontre que les réponses aux crises climatiques et alimentaires mondiales sont déjà ancrées dans le savoir des communautés rurale.
