Coup de théâtre dans le dossier du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (PRODAC). Ce mercredi 28 janvier 2026, la Chambre d'accusation financière du Pool judiciaire financier (PJF) a ordonné le placement sous mandat de dépôt de l'ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour. Jusqu'ici sous surveillance électronique, l'ancien coordonnateur du PRODAC voit son étau judiciaire se resserrer brusquement.
La fin du bracelet électronique
L'ancien ministre, qui bénéficiait d'une liberté provisoire assortie du port d'un bracelet électronique depuis novembre 2025, a vu sa situation basculer ce matin. Saisie par le parquet financier qui contestait cette mesure de faveur, la Chambre d’accusation a finalement tranché en faveur de l'incarcération.
Cette décision révoque l’ordonnance du doyen des juges d’instruction et ordonne le placement immédiat de M. Ndour sous mandat de dépôt. Les charges pesant sur lui sont lourdes : il est poursuivi pour association de malfaiteurs, escroquerie sur des deniers publics et blanchiment de capitaux dans le cadre de la gestion du PRODAC, une affaire portant sur des irrégularités financières estimées à plus de 2 milliards de FCFA.
Un pourvoi en cassation comme ultime rempart
La défense n'a pas tardé à réagir. Contacté par les médias locaux, Me Aboubacry Barro, l'un des conseils de l'ancien ministre, a annoncé l'intention immédiate de ses avocats de se pourvoir en cassation devant la Cour suprême.
« Nous contestons vigoureusement cette décision qui rompt l'équilibre jusque-là maintenu par le juge d'instruction », a laissé entendre la défense.
Ce recours en cassation revêt une importance capitale pour l'ancien ministre. En effet, selon les précisions de Me Barro, ce pourvoi est suspensif. En d'autres termes, tant que la plus haute juridiction du pays ne se sera pas prononcée sur la régularité de la décision de la Chambre d'accusation, l'exécution du mandat de dépôt est gelée. Pape Malick Ndour échappe donc, pour l'heure, à une incarcération immédiate.
Le PJF en première ligne
Cette accélération de la procédure marque une étape majeure pour le tout nouveau Pool Judiciaire Financier (PJF), installé en septembre dernier pour remplacer la CREI. Cette juridiction spécialisée semble vouloir imprimer une cadence ferme dans le traitement des dossiers de criminalité économique et financière hérités du régime précédent.
Le feuilleton judiciaire du PRODAC est loin d'être terminé. Tous les regards sont désormais tournés vers la Cour suprême, dont l'arbitrage déterminera si Pape Malick Ndour passera les prochaines semaines en cellule ou si son régime de liberté surveillée sera rétabli.