Affaire PRODAC : Mamina Daffé obtient une liberté provisoire, le Parquet financier s'y oppose

Dakar, le 22 avril 2026 – Le dossier du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC) connaît un nouveau coup de théâtre judiciaire. Alors que l’ancien coordonnateur national, Mamina Daffé, semblait entrevoir le bout du tunnel avec une mise en liberté provisoire pour raisons de santé, l’intervention musclée du Parquet financier vient de geler sa sortie.


Incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Rebeuss depuis novembre 2024, Mamina Daffé espérait retrouver les siens. Saisi d'une demande de mise en liberté provisoire motivée par un état de santé jugé préoccupant, le juge d’instruction avait ordonné une expertise médicale indépendante. Les conclusions de ce rapport, confirmant la nécessité d'une prise en charge incompatible avec le milieu carcéral, ont poussé le magistrat instructeur à accorder la mesure.

 

Un bras de fer judiciaire

Cependant, cette décision a immédiatement suscité la réaction du Parquet financier. Farouchement opposé à l'élargissement de l'ancien coordonnateur, le ministère public a interjeté appel de l'ordonnance du juge. Ce recours est suspensif : Mamina Daffé reste donc en détention en attendant que la Chambre d’accusation financière ne tranche ce différend juridique.

Pour rappel, M. Daffé est au cœur d'une information judiciaire complexe. Il est poursuivi pour des chefs d'accusation graves qu'il conteste avec véhémence :
Escroquerie portant sur les deniers publics ; Faux et usage de faux en écritures privées de banque ; Blanchiment de capitaux.

 

Un dossier aux multiples ramifications

L’affaire PRODAC, qui défraye la chronique judiciaire depuis plusieurs mois, ne concerne pas uniquement l'ancien coordonnateur. Le juge d’instruction a procédé à plusieurs inculpations de haut niveau, visant à faire la lumière sur la gestion des fonds destinés aux domaines agricoles.

 

Parmi les autres mis en cause figurent Ibrahima Cissé, gérant de la société Tida, ainsi que plusieurs anciens responsables du programme. L'ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, est également inculpé dans cette affaire. Contrairement à Mamina Daffé, l'ex-ministre bénéficie d'un régime de liberté plus souple : il a été placé sous contrôle judiciaire assorti du port d’un bracelet électronique.

 

Le sort de Mamina Daffé dépend désormais de l'arbitrage de la Chambre d’accusation, dont la décision est attendue dans les prochains jours. Ce nouveau rebondissement souligne la tension extrême qui entoure ce dossier de corruption présumée au sommet de l'administration agricole sénégalaise.

Mercredi 22 Avril 2026
Amady Khalilou Diémé

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