Un devoir de mémoire intact et l'exigence du renflouement
Vingt-quatre ans après cette nuit sombre du 26 septembre 2002 — qui a coûté la vie à au moins 1 863 personnes selon le bilan officiel —, la douleur reste vive au sein de la nation sénégalaise.
Au cœur de cette commémoration placée sous le thème des « reliques du Joola pour le mémorial-musée », le maire a relayé la demande profonde et légitime des familles de victimes et des rescapés. Loin de réclamer des privilèges, ces derniers aspirent à un droit fondamental : retrouver les restes de leurs proches ou des objets leur appartenant pour accomplir leur deuil. C'est pourquoi Djibril Sonko a exhorté l'État du Sénégal à inscrire le renflouement de l'épave, en vue du recueillement des ossements, au rang des priorités absolues de l'action publique.
Appel à un changement de paradigme sécuritaire et citoyen
Le premier magistrat de Ziguinchor n'a pas éludé les responsabilités collectives face à la récurrence des drames liés aux transports. Il a déploré la persistance des pratiques de surcharge et le non-respect des réglementations, qu'il qualifie de reflets d'une indiscipline ancrée dans la société. Il a ainsi plaidé pour une prise de conscience citoyenne collective et un changement radical des comportements afin d'éviter de nouvelles tragédies.
Les grands chantiers pour la Casamance
Au-delà du recueillement, la tribune a servi de plaidoyer pour le développement socio-économique et la sécurité de la Casamance. Le maire a solennellement invité le gouvernement à :
- Renforcer l'accompagnement des familles déplacées de retour dans leurs villages d'origine.
- Intensifier le désenclavement routier, aérien et maritime de la région, tout en accélérant la mise en œuvre du projet d'agropole et l'installation d'unités de transformation locale.
- Poursuivre le déminage pour garantir la sécurité des zones rurales et stimuler l'économie locale.
L'urgence absolue du pont Émile Badiane
L'un des moments forts de cette allocution a concerné l'état critique du pont Émile Badiane. Malgré les turbulences budgétaires et les contraintes financières de l'État, Djibril Sonko a insisté sur l'urgence absolue de reconstruire cet ouvrage stratégique. Symbole de la continuité territoriale entre Ziguinchor et le reste du pays, et carrefour d'échanges avec la Gambie et la Guinée-Bissau, sa dégradation avancée représente un risque permanent que la Casamance, selon le maire, ne peut plus se permettre de supporter.
En conclusion, le maire de Ziguinchor a réaffirmé l'engagement de sa municipalité à faire de la ville un havre de paix, de solidarité et de vivre-ensemble, érigeant la mémoire du Joola en boussole pour un avenir plus sûr et inclusif.
