24 ans après le naufrage du Joola : Le vibrant plaidoyer du maire Djibril Sonko pour la mémoire et le développement de la Casamance

Ziguinchor, 26 septembre 2026 – À l'occasion de la vingt-quatrième commémoration du naufrage tragique du bateau Le Joola, la ville de Ziguinchor a vibré au rythme du recueillement et de l'exigence de justice mémorielle. En présence d'une forte délégation gouvernementale conduite par le Premier ministre, le maire de la commune, Djibril Sonko, a prononcé un discours empreint de solennité, marquant les esprits par des interpellations directes sur les défis structurels de la région.


Un devoir de mémoire intact et l'exigence du renflouement

Vingt-quatre ans après cette nuit sombre du 26 septembre 2002 — qui a coûté la vie à au moins 1 863 personnes selon le bilan officiel —, la douleur reste vive au sein de la nation sénégalaise.

Au cœur de cette commémoration placée sous le thème des « reliques du Joola pour le mémorial-musée », le maire a relayé la demande profonde et légitime des familles de victimes et des rescapés. Loin de réclamer des privilèges, ces derniers aspirent à un droit fondamental : retrouver les restes de leurs proches ou des objets leur appartenant pour accomplir leur deuil. C'est pourquoi Djibril Sonko a exhorté l'État du Sénégal à inscrire le renflouement de l'épave, en vue du recueillement des ossements, au rang des priorités absolues de l'action publique.

 

 

Appel à un changement de paradigme sécuritaire et citoyen

Le premier magistrat de Ziguinchor n'a pas éludé les responsabilités collectives face à la récurrence des drames liés aux transports. Il a déploré la persistance des pratiques de surcharge et le non-respect des réglementations, qu'il qualifie de reflets d'une indiscipline ancrée dans la société. Il a ainsi plaidé pour une prise de conscience citoyenne collective et un changement radical des comportements afin d'éviter de nouvelles tragédies.

 

 

Les grands chantiers pour la Casamance

Au-delà du recueillement, la tribune a servi de plaidoyer pour le développement socio-économique et la sécurité de la Casamance. Le maire a solennellement invité le gouvernement à :
Renforcer l'accompagnement des familles déplacées de retour dans leurs villages d'origine. Intensifier le désenclavement routier, aérien et maritime de la région, tout en accélérant la mise en œuvre du projet d'agropole et l'installation d'unités de transformation locale. Poursuivre le déminage pour garantir la sécurité des zones rurales et stimuler l'économie locale.

 

 

L'urgence absolue du pont Émile Badiane

L'un des moments forts de cette allocution a concerné l'état critique du pont Émile Badiane. Malgré les turbulences budgétaires et les contraintes financières de l'État, Djibril Sonko a insisté sur l'urgence absolue de reconstruire cet ouvrage stratégique. Symbole de la continuité territoriale entre Ziguinchor et le reste du pays, et carrefour d'échanges avec la Gambie et la Guinée-Bissau, sa dégradation avancée représente un risque permanent que la Casamance, selon le maire, ne peut plus se permettre de supporter.

En conclusion, le maire de Ziguinchor a réaffirmé l'engagement de sa municipalité à faire de la ville un havre de paix, de solidarité et de vivre-ensemble, érigeant la mémoire du Joola en boussole pour un avenir plus sûr et inclusif.

Dimanche 27 Septembre 2026
Amady Khalilou Diémé

Dans la même rubrique :